Des lycéens racontent comment ils l’ont utilisé… « Quand on a accès à la facilité, difficile de résister »

« ChatGPT, ça devient obsessionnel », confie Gabriel*, 18 ans, en classe de terminale. Comme beaucoup de ses camarades, le lycéen a testé cette année l’agent conversationnel virtuel lancé en France en novembre dernier par la start-up californienne OpenAI. Car à partir d’une simple question et en quelques secondes, ce robot conversationnel est capable de faire la synthèse d’un livre, de formuler un plan de dissertation, de traduire un texte, de produire un commentaire efficace…

Une aubaine pour Gabriel. « La première fois que je l’ai utilisé, c’était pour rire avec mes potes. Et après j’ai commencé à m’en servir pour mon travail. Plus on l’utilise, plus on a envie de recommencer. Quand on a accès à la facilité, c’est difficile de résister », poursuit-il. Objectif pour lui : préparer des dissertations de philosophie, des devoirs d’EMC (enseignement moral et civique)… et même l’un des deux sujets de son grand oral du bac. Julie, 15 ans, élève de seconde, avoue aussi avoir « beaucoup utilisé » le chatbot cette année, que ce soit en sciences économiques et sociales, en histoire ou encore en français. « Parfois, c’était juste afin d’avoir une base pour un devoir : par exemple obtenir un plan, ou une synthèse d’informations. Mais aussi parfois pour effectuer un travail entier », confie-t-elle.

Aucune mesure annoncée par le ministère

Idem pour Doria, 19 ans, en terminale, qui a effectué des dissertations entières avec l’outil, ou s’en est servi « pour rechercher des définitions ». D’autres élèves, comme Simon, 18 ans et en terminale, ont préféré la prudence. Utiliser ChatGPT, oui, mais jamais pour des travaux notés : « Il y a trop de risques de se faire attraper, et les conséquences sont lourdes », estime-t-il. Quelques devoirs d’anglais ou d’histoire ont ainsi été facilités grâce au chatbot, mais c’est tout.

Pour l’heure, le ministre de l’Education, Pap Ndiaye, ne semble pas alarmé de l’intrusion de ChatGPT dans la vie scolaire les lycéens : « On suit cela de près, mais on n’est pas dans une situation catastrophique avec des difficultés majeures », avait-t-il déclaré en mai sur France Info. « Il va falloir intervenir de la manière intelligente, c’est-à-dire tirer le meilleur parti de l’IA tout en veillant que celle-ci ne soit pas mise au service de stratégies de contournement de l’apprentissage des savoirs », avait-t-il ajouté. Interrogé par 20 Minutes, le ministère de l’Education n’a pas précisé si des recommandations spécifiques aux enseignants sur le sujet seraient présentées à la rentrée, tout comme une éventuelle mise en garde des élèves sur l’utilisation du chatbot.

Des bonnes notes à la clé ?

Si certains des élèves ont donc beaucoup utilisé ChatGPT, c’est aussi parce qu’ils ont souvent obtenu de bons résultats :  « J’ai eu des 17/20 à des dissertations en philo. », assure Doria à propos des devoirs maison qu’elle a réalisés à l’aide du robot. Lucie aussi estime que le jeu en valait la chandelle :  « J’ai eu un 17 en SES (Sciences économiques et sociales) alors que je n’avais rien écrit par moi-même ». Des résultats qu’elle n’aurait pas obtenus par ses propres moyens, selon elle. Quant à Gabriel, grâce à l’IA, il a tutoyé la perfection en obtenant 20 en dissertation de philosophie. « Même en travaillant, je n’aurais pas eu cette note », estime-t-il.

Des témoignages qui invitent à s’interroger sur la vigilance de certains enseignants vis-à-vis du robot. Sur ces quatre élèves, scolarisés aussi bien dans des lycées publics que privés, aucun n’a été sensibilisé par ses profs aux méfaits de la triche avec ChatGPT et aux risques qu’ils courraient s’ils étaient pris en flagrant délit. « Ils ont à peine mentionné l’existence de ChatGPT, et ils ne nous ont rien dit sur son utilisation. De toute façon, pour les devoirs maison, ils peuvent nous interdire de l’utiliser mais ne peuvent pas vraiment nous contrôler », témoigne Doria. Et aucun des quatre lycéens n’a été pris la main dans le sac non plus. Preuve que certains enseignants n’ont pas encore pris la mesure du phénomène.

Faire avec

Des logiciels de détection de contenus ChatGPT existent, mais les lycées n’en sont que rarement dotés. Mais Selon Pap Ndiaye, les profs n’en n’auraient pas besoin. « Lorsque l’on demande à ChatGPT de réaliser une dissertation dans un domaine, il est très facile pour l’enseignant de repérer que ce n’est pas l’élève qui l’a réalisée », avait-t-il déclaré sur France Info.

Conscients du fait que les outils utilisant l’intelligence artificielle évoluent sans cesse, certains enseignants, à l’instar de celui de Lucie, ont décidé de faire avec. Et même d’encourager leurs élèves à se servir du robot conversationnel : « Vous pouvez utiliser ChatGPT pour écrire tout le texte, tant que la présentation orale est réussie » leur a-t-il suggéré pour la préparation d’exposés. D’autres ont choisi de changer leurs modalités d’évaluation des élèves. « ChatGPT, c’est la version moderne de Wikipédia. La réponse des enseignants est de donner peu de notes aux devoirs réalisés à la maison, ou d’en faire des travaux préparatoires pour une évaluation en classe », constate-t-il. Les lycéens peuvent donc s’attendre à avoir plus de contrôles sur table dans les prochaines années…

* Les prénoms ont été modifiés

Source : 20minutes.fr

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